Cauchemar en cuisine : après le passage d’Etchebest, leur resto à Plouzévédé ne désemplit pas



« Ces derniers mois, on allait droit dans le mur. D’une centaine de couverts quotidiens, on était passé à une trentaine. La liquidation nous attendait ». Patrice Cabioch n’y va pas par quatre chemins quand il raconte son parcours et celui de sa compagne Marie-Laure Guillou. « Un soir, à la mi-novembre, après en avoir longuement discuté, on a posté un message sur le site de la production en disant qu’on désirait être aidés by Philippe Etchebest. On était complètement en détress ».

L’effet de surprise était énorme

Le lundi 17 janvier au matin, et sans prévenir, deux techniciens de M6 ont poussé la porte du vaste restaurant situé en pleine campagne. « Ils nous ont dit qu’ils venaient faire des relevés de lumière pour le tournage », poursuit Patrice. Et soudainement, sur les coups de midi, c’est Philippe Etchebest, en personne, qui est arrivé. « J’étais sonné. L’effet de surprise était énorme. Ça se voit dans l’émission d’ailleurs».

Le chef apprécie le saucisson en brioche maison et le petit jarret de porc

Ce jour-là, le restaurant, ouvert en 1971 par Hélène, la mère de Marie-Laure, est fermé. Patrice, qui est très organisé, prépare toujours ses plats du jour 24 heures à l’avance. Le juré de Top Chef est seul en salle et apprécie réellement le saucisson en brioche maison et le petit jarret de porc qu’on lui sert. Il se rend en cuisine, qui est tenue d’une manière très professionnelle, et dit ne pas comprendre du tout pourquoi la fréquentation est en berne. Bien des heures plus tard, il pointera du doigt de sérieux problèmes d’organisation. Mais aussi la déco qui a fait son temps, et des travaux à faire en cuisine.

Des travaux pris en charge par la production

« Le mardi, à 7 h du matin, la production nous a demandé de quitter le restaurant jusqu’au jeudi 16 h, poursuit Marie-Laure. Quand nous sommes revenus, le restaurant était méconnaissable ». La décoration et le mobilier de la grande salle avaient été revus. Et en cuisine, une partie des pianos, une plancha et des placards métalliques avaient été changés. « J’avais fait faire un devis, il ya quelques mois, précise Patrice. J’en avais pour plus de 40 000 €. Impensable dans la situation ou nous nous trouvions. La production nous a offered tout cela ». C’est elle aussi qui a payé l’ardoise pour la soirée de reprise où des dizaines d’habitants étaient conviés à manger gratuitement.

Les gens ont appelé jusqu’à 4 h du matin. Que des messages de soutien, mais aussi des gens qui voulaient réserver

Le 14 mars, plus de 3,3 millions de téléspectateurs – un record d’audience pour l’émission – découvrent devant leur poste le restaurant du Guillec. Patrice et Marie-Laure se livrent sans retenue. « On a été cash, comme on l’est d’habitude. On s’est mis à nu ». Après la diffusion, le téléphone n’a pas arrêté de sonner. « Les gens ont appelé jusqu’à 4 h du matin. Que des messages de soutien, mais aussi des gens qui voulaient réserver, précise Marie-Laure. Plus de 500 messages, tous très positifs, ont été postés sur notre page Facebook. C’était fou ». Patrice, très ému, a reçu un coup de téléphone de son ancien chef, avec qui il travaillait à Hendaye (Pyrénées-Atlantiques), il ya quinze ans.

Patrice Cabioch, chef cuisinier du restaurant du Guillec a Plouzévédé (29): « J’avais fait faire un devis, il ya quelques mois. J’en avais pour plus de 40 000 € pour refaire la cuisine. Impensable dans la situation ou nous nous trouvions. La production nous a offered tout cela » (Lionel Le Saux/Le Télégramme)

La jauge des 100 clients à nouveau atteinte

Depuis la diffusion de Cauchemar en cuisine, le restaurant ne désemplit pas. La jauge des 100 clients par service est à nouveau atteinte. « On refuse pas mal de gens qui n’ont pas réservé, poursuit Marie-Laure, des assiettes dans les mains. Certains font plus de 100 km pour venir ici. Je suis désolée de leur annoncer qu’on n’a plus de place ».

Philippe Etchebest prend de nos nouvelles. C’est quelqu’un de bien

En cuisine, le chef, qui ne jure que par le fait maison, et qui a retrouvé le sourire, est désormais secondé par quatre serveuses, au lieu de trois. « J’envisage aussi d’être aidé par un apprenti, prochainement. Espérons que cette renaissance ne sera pas un feu de paille, conclut-il. On fera tout pour que ça dure. En tout cas, Philippe Etchebest prend de nos nouvelles. Il nous a appelés deux fois. C’est quelqu’un de bien ».

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