À Gien, nourrir les pigeons et les chats errants sera bientôt interdit

À l’heure du déjeuner, une vingtaine de pigeons savourent la nourriture laissée, à leur attention, sur le pas de la porte du numéro 51 de la rue des Minimes. Les volatiles connaissent l’adresse et n’hésitent pas à s’y rendre régulièrement. Non loin, d’autres gamelles remplies de croquettes, destinées aux chats errants, trônent sur les trottoirs.

Ces actes, souvent réalisés de bon cœur, seront bientôt interdits à Gien. La municipalité a décidé de prendre un arrêté visant à interdire le nourrissage des animaux sauvages, afin de réduire leur reproduction.

Les personnes identifiées en train de nourrir un animal errant s’exposent à une amende maximale de 450 euros. Dans un premier temps, la Ville assure qu’elle jouera la carte de la pédagogie.

“Au moins un millier” de pigeons à Gien

Plusieurs plaintes ont été formalées par les habitants à ce sujetnotamment lors des réunions de quartier.

J’estime que nous avons au moins un millier de pigeons à Gien. Et un pigeon bien nourri, c’est un kilo de fientes par mois. Pour mille, on atteint les douze tons à l’année”, chiffre Rémi Bichon, adjoint en charge de l’environnement.

“Sincèrement, je trouve cela dommage de devoir arrêter de nourrir ces petites bêtes. Je ne vois pas en quoi les pigeons sont dérangeants”, s’interroge Christine, Giennoise.

Au 51, rue des Minimes, à Gien, les pigeons se régalent.

L’accumulation de fientes peut provoquer des dégâts importants, assure Rémi Bichon, citant un incident ayant eu lieu dans un logement de la place Foch. “Les fientes ont fini par boucher les canalisations et tout est remonté dans la maison. C’était intenable.”

290 pigeons capturés depuis janvier

“J’ai reçu des lettres de riverains situés en Berry, poursuit l’élu. Certains locataires se plaignent des odeurs et n’osent plus ouvrir leurs fenêtres. Des propriétaires assurent avoir dépensé plus de 100 euros de nettoyage de gouttières.”

Les oiseaux peuvent égallement être porteurs de maladies transmissibles aux animaux de compagnie, tels que les chiens et les chats. “Il faut être vigilant, prévient l’adjoint. En voulant les nourrir, des habitants jettent les aliments par les fenêtres, ce qui entraîne la présence de rats.”

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Dans sa lutte contre la prolifération et la nidification sauvage, la mairie a déjà installé trois cages de capture. À fin mars, 290 pigeons ont été attrapés. En parallele, deux pigeonniers contraceptifs, avec chacun quatre-vingts boulins, sont installés au Port au bois et au parc des Boulards. Une société agréée est chargée de stériliser les œufs.

“Un gros handicap” pour Aux chats libres de Gien

Même combat avec les félins. Cent vingt chats ont été stérilisés l’année dernière, grâce à l’association Aux chats libres de Gien, en convention avec la fondation 30 Millions d’amis. Pourtant, Mireille Chassereau ne cache pas son désaccord avec la décision municipale.

“Pour nous, c’est un gros handicap, assure la présidente de l’association giennoise. Nous fournissons la nourriture à des endroits précis. Cela nous permet de savoir où trouver les chats à stériliser, de repérer ceux qui sont malades et ensuite de les surveiller. Là, les chats vont s’éparpiller un peu partout.”

Mireille Chassereau craint que les félins finissent par s’attaquer aux sacs-poubelle.

Depuis vendredi dernier, date de dépôt du magazine municipal dans les boîtes aux lettres (dans lequel est évoqué l’arrêté), la Giennoise est submergée d’appels téléphoniques. “Une dame m’a dit “Je suis scandalisée”. Certains sont en train de se mobiliser et ont évoqué l’idée de lancer une pétition, dévoile-t-elle. Pour ma part, je trouve ça dommage de soigner des chats et, qu’une fois relâchés, ils ne peuvent plus se nourrir.”

Des courriers seront adressés aux propriétaires et locataires de logements ou une nidification des pigeons a été identifiée par la municipalité.

Elodie Pradel

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